Comment imaginer le monde actuel du travail sans le télétravail ?
Ce billet est une réponse à l’article paru dans la lettre de l’Atelier le 18 mars 2008, et surtout une réaction aux propos du professeur Claude Riveline de l’école des Mines de Paris.
Le professeur Claude Riveline semble avoir loupé les marches des dernières années de l’évolution des organisations. Peut-être sa loupe se limite-t-elle à l’Hexagone. Dans se cas, son regard est compréhensible étant donné le retard du système productif français à adapter ses processus pour aligner stratégie et organisation. Ce n’est pas un hasard si le monde du travail français souffre et si le stress au travail est malheureusement un grand sujet d’actualité.
Le télétravail n’est qu’un prétexte
Cela fait des années que le mot « télétravail » n’est qu’un prétexte à se trouver les bonnes excuses pour ne rien faire au nom de difficultés inexistantes. Les seules vraies difficultés sont culturelles et organisationnelles. Culturelles parce que la France souffre d’un management intermédiaire dont les méthodes managériales sont dépassées depuis des lustres ; ces managers pensent encore que la présence physique est synonyme de travail. Le jour où ces managers auront compris que leur rôle est d’impulser la créativité par la motivation en créant et gérant une relation basée sur le respect et la confiance à partir d’objectifs clairement définis et mesurables, il y a fort à parier que le monde du travail se portera mieux et que l’innovation et la productivité seront au rendez-vous. Arrêtez donc de polémiquer sur le télétravail en évitant soigneusement de conclure des accords d’entreprise ou en les concluant de manière tellement restrictive que les quelques télétravailleurs deviennent presque des marginaux. Dans un marché du travail tendu, de tels agissements créent plus de raidissements que de fluidité.
Le télétravail est déjà présent partout
Il est gris, inavoué, informel et donc dépendant de l’humeur du jour au lieu d’être un mode d’organisation stratégique et reconnu. Pour apporter les bienfaits espérés qui sont connus et rabâchés depuis des années, le télétravail doit devenir le mode d’organisation généralisé dans une organisation, en redessinant l’organisation et l’environnement de travail pour créer un nouveau collectif d’épanouissement. La présence physique prend une nouvelle dimension et correspond à des moments privilégiés. Celui qui prétend que le collectif virtuel est vide des vieilles images comme celle de la machine à café, ne fait que démontrer qu’il n’a pas pratiqué, ne maîtrise pas les outils et vit dans un monde où le partage et la mutualisation ne doivent pas tenir beaucoup de place au quotidien. Il est quand même étonnant de constater que lorsque le télétravail est mis en place dans le respect des règles de l’art ET surtout de l’humain (individuel ET collectif), rarement les acteurs souhaitent revenir à la situation précédente.
Lecture biaisée du rapport de l’université de Durham
Plus grave Monsieur le professeur, vous n’avez pas fait une lecture sincère (ou complète) du rapport de synthèse du professeur T. Redman de l’université de Durham. Vous basez en grande partie votre argumentation sur la crainte exprimée par certains salariés au sujet de leurs perspectives de carrière, qui n’est qu’un simple problème de management et qui veut simplement dire, je le répète, que les managers doivent évoluer et s’adapter. Vous occultez complètement les résultats de cette étude qui montrent combien le niveau de stress des salariés a baissé alors que leur engagement envers l’entreprise est intact ; voire meilleur grâce aux conditions de travail qui permettent un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.
Soyons réalistes et allons de l’avant !
Débattre sur le bien-fondé ou nom du télétravail n’a pas de sens. La réalité du monde des affaires et des usages sociaux sur un marché global rend inévitable de modifier profondément les organisations. Il est reste à souhaiter que ce ne soit plus les salariés qui servent de tampon aux aléas des organisations ; mais qu’ils soient mieux respectés afin qu’ils retrouvent motivation et plaisir au travail.
Pour ceux que le sujet intéresse je dispose de l’article du professeur Tom Redman et je les invite également à participer à la table-ronde que la Fabrique du Futur organise le 13 mai prochain à Paris sur le thème : Au-delà du Travail 2.0
Un monde sans télétravail ou sans Ecole des Mines ?…
Nicole Turbé-Suetens réagit vertement à un billet de l’Atelier intitulé “L’avenir de l’entreprise ne passe pas par le télétravail”.
Ce billet se fait l’écho d’une étude de la Durham business school comm…
Trackback par Adverbe.com - Ecrire pour le Web, formation, travail en réseau à distance, conseil éditorial, rédaction — 24 mars 2008 @ 18:27
Le télétravail ne mène nulle part…
Non, je rigole, je sais bien que le télétravail est un mode d’organisation d’avenir qui réjouit le salarié, profite à l’entreprise et à la planète. Mais ce n’est pas ce que pense un honorable professeur de gestion de l’Ecole des…
Trackback par Zevillage.net — 24 mars 2008 @ 18:47
Je vais de ce pas aller voir ce fameux rapport…
Quand je pense que j’ai écris il y a quelques temps le titre “le télétravail est il l’avenir du travail ” ? …
Je suis tombé aussi sur des têtes grises bien pensantes qui “prouvent” que le travail à domicile est plus énergivore que de travailler à son entreprise !!?? Va falloir réagir quand on lit des abérrations pareilles!
www.aecom.org/ged/rtn2/13_teletravail.ppt
Commentaire par Marion — 26 mars 2008 @ 10:51
Ma chére Nicole Je serai ravi de te fournir quelques arguments issus aussi bien de mes expériences que de mes travaux dans le cadre de mon Institut de l’Entreprise 2.0 et la Chaire Efficaciét collective, travail collaboratif et en réseau, organisations innovantes que je pilote à Grenoble Ecole de Management. A bientôt. A+ Richard
Commentaire par Richard Collin — 30 mars 2008 @ 13:04